ENTRE DEUX DANGERS MORTELS, JE CHOISIS LA VIE

Publié le par Michel Durant

Une jolie carrière d'uranium décarboné(e)

Entre la peste et le choléra, faut-il choisir ? On nous fait le coup très souvent. Entre deux périls, il faut choisir le moindre, le moindre mal. Mais entre deux périls mortels, quel choix ? Le condamné à mort à qui on demande son choix : la guillotine ou la chaise électrique ? Finir coupé en deux comme un lombric ou grillé comme une saucisse ? Il préférerait certainement terminer ses jours les pieds dans l'eau sur une plage paradisiaque. C'est un peu comme le choix qui nous est offert périodiquement à la Présidentielle  Chirac ou Le Pen, Macron ou Le Pen, Zemmour ou Le Pen. Les deux premières expériences ont été cuisantes pour tous ceux (dont je fais partie) qui ont choisi le moins pire des deux candidats. Avec Chirac, on aurait pu croire que son score faramineux l'aurait incité  à tenir compte des 60% de Français qui avaient voté pour lui au second tour par rejet de Le Pen. Que nenni, il a fait son Chirac, son De Gaulle au rabais, son patriote de café du coin. Bis repetita placent, Macron avec son petit quart de l'électorat au premier tour s'est cru devenu pharaon napoléon parce qu'il avait aplati Marine Le Pen au second tour. Pas une minute, pendant son quinquennat pourri, il n'a eu une pensée pour ceux qui n'avaient pas voté pour lui au 1er tour et n'avaient voté que par défaut au second !

Un joli camion décarboné dans une jolie mine d'uranium décarboné(e)

Quittons un peu la Présidentielle (voire) pour se pencher sur le choix qui nous est proposé par les bons apôtres en matière énergétique. Ce sera le dérèglement climatique ou le nucléaire. Les famines généralisées dans un monde surchauffé ou des centrales nucléaires partout, des déchets partout, des contaminations partout et quelques explosions ici ou là. La dernière partie de la phrase est généralement oubliée par les propagandistes de l'avenir nucléaire radieux. Oubliés les accidents nucléaires à répétition, oubliée la friche mortelle de Tchernobyl, oubliés les cancers de la thyroïde, oubliées les malformations infantiles, oubliés les déchets nucléaires mortels pour des millions d'années, oubliée la société militarisée que le nucléaire nécessite…

Une jolie mine d'uranium décarboné(e) au Kazakhstan

Alors qu'il a nié pendant des décennies la réalité des dérèglements climatiques  (accusant les écologistes d'être des oiseaux de mauvais augure), voilà que le monde journalistique toujours prêt à venir au secours des pouvoirs en place se lance dans une nouvelle croisade reposant sur une trouvaille sémantique. Le nucléaire n'était pas vendable (trop cher, trop dangereux, trop visible) mais devenu décarboné il est soudain non seulement acceptable mais encore recommandé. Il en est même qui veulent le classer parmi les énergies renouvelables !

Une jolie mine d'uranium décarboné(e) du Canada avec piscine intégrée

Voilà donc les centrales nucléaires parées de toutes les vertus et ces dernières semaines, j'ai compté sur les doigts d'une main les rares journalistes qui tentent de mettre une sourdine à la musique tonitruante de leurs collègues répétant comme des perroquets la litanie décarbonée. Extraire l'uranium serait décarboné. Mon œil. Ça se fait dans d'immenses trous creusés à l'explosif, déblayés à la pelleteuse, le minerai transporté en camions énormes puis en bateaux depuis les ports australiens jusqu'aux ports français. La construction des centrales nucléaires est également "décarbonée". Tout le monde sait ça. Et puis ça ne coûte que 4 fois plus cher que prévu et ça ne fonctionne que 4 fois plus tard que prévu et pas en permanence contrairement aux discours imbéciles permanents des journalistes atteints de psittacisme virulent. Bref, le nucléaire, c'est le paradis. Et si Macron le dit, c'est ben k'c'est vrai !

Un futur journaliste des années 2050

Le nucléaire a aussi un grand intérêt selon les patriotes qui nous gouvernent et les journalistes aux ordres : il assure notre indépendance. On n'a jamais trouvé un mensonge aussi gros qui glisse pourtant dans la bouche des journalistes béni-oui-oui comme un palet sur une patinoire. Le gaz est aux mains de Poutine, le pétrole dans celles des Arabes alors que l'uranium, voyons, voyons… il y en a euh… en Australie, un pays juste à côté de la Bretagne où nous avons des amis qui nous achètent des sous-marins (pourquoi riez-vous ?)… au Kazakhstan, premier producteur mondial d'uranium, au régime autoritaire dont le Président vient de démissionner après 30 ans de pouvoir absolu et dont le remplaçant, élu avec 97,5% des voix, est un ami de Poutine qui transporte son uranium et son pétrole… au Niger dont les mines sont tellement sûres que l'armée française de l'opération antiterroriste Barkhane se concentre autour d'elles dans la zone des trois frontières… au Canada qui est certes un allié fidèle mais qui ne manquera pas d'augmenter ses prix si les autres fournisseurs ferment le robinet ! Bref, le nucléaire n'assure absolument pas l'indépendance énergétique de la France de même que la carte de journaliste français ne garantit pas l'indépendance politique de ceux qui la possèdent.

À Tchernobyl, la cabine téléphonique est toujours libre : vive le nucléaire !

Alors je continue, avec vents et marées, à soutenir les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, biomasse…), les économies d'énergie autrement dit la sobriété énergétique avec l'isolation thermique des bâtiments, la construction écologique, les transports publics, le rail. Et que Stéphane Bern ne nous dise pas que les éoliennes sont laides : il ne s'est pas regardé !

L'EPR ça marche du tonnerre… de Brest

 

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