LA CENTRALE AU FOND DU JARDIN

Publié le par Michel Durant

Ne dirait-on pas une cocotte-minute ? Ce sera chouette au fond du jardin.

Francis Cabrel ne l'a pas encore construite mais ça ne saurait tarder puisque déjà les plans figurent sur internet et que les journalistes "indépendants" se répandent en discours enthousiastes comme si c'était leur bébé que le monde entier leur envie. Bien entendu, notre cher Président de la République (qui n'est pas en campagne électorale, pourquoi riez-vous ?) va annoncer à la mi-octobre le lancement de ce nouveau plan de production d'électricité nucléaire par des SMR (Small modular reactors) puisque la construction de l'EPR de Flamanville est "un désastre économique" (ce n'est pas moi qui le dis mais l'experte Valérie Faudon, déléguée générale de la Société Française d'Énergie Nucléaire).

Le casque c'est pour éviter un boulon lancé par un méchant ouvrier. Le masque c'est pour éviter de montrer qu'il se fout du monde

Macron avait préparé le terrain en décembre 2020 lors de sa visite à l'usine Framatome du Creusot en déclarant le nucléaire filière d'excellence. Il avait pourtant, comme ministre de François Hollande, applaudi la réduction à 50% d'électricité nucléaire (au lieu de 75%), et confirmé, au début du quinquennat, que ce plan serait maintenu (à l'époque où il était l'ami de Nicolas Hulot). Aujourd'hui, il tourne casaque comme ses copains qui ont quitté le PS après avoir trahi le candidat Benoît Hamon élu à la Primaire.

Ça c'est la maquette du projet américain de SMR, ça en jette, hein !

Ne sachant pas par quel bout prendre la lutte contre les dérèglements climatiques, Macron, ses béni-oui-oui et les journalistes (qui ont nié longtemps les avertissements des écologistes et des scientifiques du GIEC) se lancent dans une nouvelle croisade en faveur de l'énergie nucléaire "décarbonée, sûre, bon marché, régulière et qui assure l'indépendance de la France". Alors que, disent-ils, les énergies renouvelables c'est pipi-caca, c'est de l'utopie écolo-bobo…

Une carrière d'uranium australienne : il y a quand même un arbre vert.

Décarbonée, mon œil ! Pour extraire et faire venir l'uranium d'Australie ou du Kazakhstan, ça ne se fait pas en pédalant : il faut de bons vieux hydrocarbures. Sûre, ça c'est sûr : Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, connaissent pas. Bon marché : au début quand l'uranium coûtait des clopinettes et que les centrales étaient neuves, peut-être. Mais maintenant qu'elles sont vieilles, qu'elles tombent en panne  tout bout de champ, l'électricité nucléaire coûte plus cher que celle des renouvelables. Pour la régularité, il faudra repasser : régulièrement, quand elle n'est pas en panne*, une centrale nucléaire doit s'arrêter tous les 18 mois pour la recharger en combustible et l'opération dure 6 semaines. Quant à l'indépendance de la France qui ne produit pas un gramme d'uranium ça fait bidonner les Australiens, nos principaux fournisseurs. *Ou parce qu'elle doit s'arrêter l'été quand il n'y a plus assez d'eau pour la refroidir.

Après la catastrophe, le tombeau : il est beau le tombeau.

Mais les journalistes sont contents. Ils ont trouvé de quoi taper sur le candidat Jadot et de quoi conjurer leur peur panique du réchauffement climatique. Ils n'oublient qu'une chose, c'est que la petite merveille technologique n'est pas prévue avant 2035-2040** et que, d'ici là, leurs cerveaux rabougris seront complètement calcinés à moins que les énergies renouvelables tellement décriées et la sobriété énergétique tellement crainte ne résolvent leurs problèmes existentiels. **La construction de l'EPR de Flamanville qui a 12 ans de retard a vu son coût quadrupler. 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article