LES BB PHOQUES EN DEUIL

Publié le par Michel Durant

"Ma poitrine, tu l'aimes ?" ne dit pas Piccoli à BB

Brigitte Bardot est morte à 91 ans. Hier soir, la télé en a fait des tonnes sur toutes les chaînes. Bien entendu, on a eu droit aux extraits les plus croustillants de sa filmographie avec le surfait Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, son premier mari, et les fesses que Michel Piccoli devait aimer dans Le Mépris de Jean-Luc Godard, un film que je trouve personnellement insupportable même si les fesses de  Brigitte Bardot ne sont pas désagréables à regarder.

Brigitte Bardot avec sa représentation en Marianne

Je peux me permettre de m'exprimer sur la mort de Brigitte Bardot puisque tout le monde a son mot à dire me semble-t-il. Macron, comme à son habitude, a été dithyrambique : "Nous pleurons une légende du siècle". Tu parles. La Légende des Siècles, c'est une série de 23 poèmes magnifiques de Victor Hugo dont le premier, La Conscience, que j'ai appris quand je préparais le concours de l'École Normale d'Instituteurs, demeure dans ma mémoire pourtant défaillante, comme est taillée dans la pierre au fronton de nos mairies la devise républicaine LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ. Mais que restera-t-il de Macron ?

On est loin de l'image de BB femme fatale

J'ai vu, quand il est sorti en 1952, le premier film de Brigitte Bardot, Le Trou Normand, de Jean Boyer (auteur aussi de Nous irons à Paris et Nous irons à Monte Carlo) où la vedette n'est pas Brigitte Bardot mais Bourvil. Elle n'avait même pas 18 ans quand j'en avais 15 et jouait le rôle de la brave fille d'une mère intrigante et rapace. Un film qu'on pourrait oublier, du genre que les cinéastes mineurs faisaient pour des producteurs peu regardants sauf pour ce qui rentrait dans les caisses des cinémas qui n'avaient pas encore pour concurrents la télé et les smartphones. Mais je ne l'ai pas oublié car Bourvil jouait les imbéciles à la perfection et la fille de l'instituteur, interprétée par Nadine Basile (qui joua aussi au théâtre dans des grands rôles du répertoire) était charmante et faisait tout pour que Bourvil obtienne son certificat d'études, condition fixée pour qu'il hérite de l'auberge du Trou Normand. Tout est bien qui finit bien dans ce petit film où l'on voit les seconds rôles habituels du cinéma français de l'époque : Jeanne Fusier-Gir, Noël Roquevert, Pierre Larquey…

Elles jouent, elles chantent, elles aiment !

En fait, sur la cinquantaine de films qu'a tournés Brigitte Bardot, je ne retiens guère que La Vérité, d'Henri-Georges Clouzot, Vie Privée et Viva Maria de Louis Malle. Le duo de femmes libres joué par Brigitte Bardot et Jeanne Moreau me paraît plus apte à rester dans les mémoires que les solos de BB dans la série de films commerciaux, aux scénarios banals montés par des producteurs avides de profiter de l'image de la vedette (qui fit 45 couvertures de Paris Match au cours de sa vie).

Campagne contre l'abattage des bébés phoques

Je suis bien davantage touché par le rôle qu'elle a joué dans la défense des animaux, dans leur reconnaissance comme êtres sensibles, dans sa lutte contre l'usage des fourrures animales pour vêtir les humains et dans celle contre les abattages rituels, dans l'amélioration des conditions d'élevage et dans le refus des corridas, combats de coqs et spectacles avec animaux. La création de la fondation portant son nom a permis de structurer les actions en faveur des animaux sauvages ou domestiques. Mais Brigitte Bardot n'est pas la première femme française à aimer et protéger les animaux. On doit se souvenir aussi de la peintre Rosa Bonheur qui vivait au XIXe siècle et faisait partie de la SPA. Si j'aime le combat de Brigitte Bardot en faveur des animaux, on se doute que je déteste son soutien à la famille Le Pen et ses idées politiques nauséabondes (mais Hitler aimait beaucoup son chien…)

Bébés phoques en deuil avec leur mère

 

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